Auteur: : Haïm Zafrani
   Ce livre est d'abord dédié aux communautés juives du Sud marocain, celles du Drâa, du Sous et des confins sahariens (Aqqa, Tamghrut, Oufrane de l'Anti-Atlas, Illig, Sigilmassa, Taroudant et sa région, etc.), à leur production intellectuelle, à l'effervescence mystique qui régna, de longs siècles durant, dans ces diasporas perdues, éloignées du monde dit de civilisations et de culture, à leur création littéraire et, plus spécialement, à leurs écrits kabbalistiques étonnants par leur originalité et leur fécondité.

   Qui croirait qu'un lettré juif du Sud marocain, dénommé Ya'acob BU-'IFERGAN (un patro-typonyme typiquement berbère), artisan bijoutier de son état, séjournant à Aqqa, un point géographique que peu de spécialistes seraient capables de situer sur une carte, serait à même d'apporter une contribution éminemment importante à cette science que lui-même et ses congénères kabbalistes appellent «science de grâce et de vérité», avec son commentaire mystique du Traité des Pères ?

   Ce livre fait aussi une place importante à l'éthique philosophique et mystique juive qui a vu le jour en Orient et qui s'est développée en Occident musulman, fécondée dans le terreau des humanités arabo-musulmanes, s'agissant d'oeuvres majeures comme celles de Sa'adya Gaon, de Maïmonide, de Bahya Ibn Paquda, de Salomon Ibn Gaborol, des légendes et contes moraux d'Ibn Shahin, le kairouannais, ou de la littérature parodique du barcelonais Ibn Zabara...

   Le piétisme du monde ashkénaze médiéval, l'éclosion, en Espagne des XIVème/XVème siècles, d'une littérature éthico-homilétique, sont évoqués et H. ZAFRANI a retenu, après l'exil de la péninsule ibérique et le retour à l'Orient, les oeuvres de quelques moralistes kabbalistes de l'école de Safed où les maîtres d'origine maghrébine tiennent une place honorable.